Mercredi 9 mai 2012
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Editions Ecole des Loisirs/Medium, Jeunesse
Publication : 2010 (VF)
207 pages _ 10,20 €
4ème de
couverture : « Ils sont frère et sœurs. Depuis quelques heures,
ils sont orphelins. Ils ont juré qu’on ne les séparerait pas.
Il y a Siméon Morlevent, 14 ans. Maigrichon. Yeux marron. Signe particulier : surdoué, prépare actuellement son
bac.
Morgane Morlevent, 8 ans. Yeux marron. Oreilles très décollées. Première de sa classe, très proche de son frère.
Signe particulier : les adultes oublient tout le temps qu’elle existe.
Venise Morlevent, 5 ans. Yeux bleus, cheveux blonds, ravissante. La petite fille que tout le monde rêve d’avoir.
Signe particulier : fait vivre des histoires d’amour torrides à ses Barbie.
Ils n’ont aucune envie de confier leur sort à la première assistante sociale venue. Leur objectif est de quitter le
foyer où on les a placés et de se trouver une famille.
A cette heure, deux personnes pourraient vouloir les adopter. Pour de bonnes raisons. Mais aussi pour de mauvaises.
L’une n’est pas très sympathique, l’autre est irresponsables, et… Ah, oui ! ces deux personnes se détestent. »
Mon avis : Voici un roman que j’ai côtoyé pendant une partie de ma jeune vie d’adulte sans jamais daigner lui accorder une seconde d’intérêt. Il faut dire que les Barbies
nues, ce n’est pas trop mon truc. Comme quoi, il ne faut jamais se contenter de la couverture d’un livre car à l’intérieur peut se cacher un petit bijou, un véritable trésor d’émotions !
C’est ce qui s’est passé pour moi. Je remercie mon petit frère de m’avoir si gentiment prêté son ouvrage mais lui en veut aussi de ne pas avoir insisté suffisamment pour que je le lise plus tôt.
Mais en même temps, aurais-je pu savourer, apprécier aussi bien toutes les qualités de cette œuvre qu’aujourd’hui ?
Je ne sais pas…
Une chose est sûre, j’ai totalement fondu pour la désastreuse histoire de Siméon, Morgane et Venise.
J’ai craqué pour ses trois enfants qui se retrouvent soudainement orphelins suite à la mort de leur mère et qui vont se battre contre les adultes et le système pour se trouver une famille pour
tous les trois. Et cela, c’est sans compter sur l’intelligence de Siméon, son bras droit Morgane et l’atout charme, j’ai nommé : Venise. Se retrouvera bientôt en tête de leur liste
Barthelemy Morlevant, leur demi-frère gay et qui ne veut pas d’eux. Sans oublier la fille adoptive de leur père, Josianne Morlevent – une vraie pince sans-rire, qui elle veut bien seulement de
Venise. Cruel dilemme. Préparez les paris !
Bien qu’il s’agisse dans cette histoire de l’avenir des trois enfants Morlevent, à mes yeux de
lectrice, le personnage principal devient très vite Barthelemy. C’est simple, dès qu’il apparait, tout fini rapidement par tourner autour de lui. En même temps, il est le tuteur que les enfants
ont déjà choisi dans leurs cœurs. Et se fut un véritable plaisir de voir cet homme-enfant, car il faut le reconnaître il manque un peu de maturité, faire des gaffes, découvrir son frère et ses
sœurs, s’amuser avec eux, découvrir ce que c’est une véritable famille et l’amour qu’elle apporte, devenir responsable, ne plus avoir peur de s’engager et faire les bons choix, être présent pour
les êtres chers, se faire des inquiétudes, se battre pour ses convictions et ne pas baisser les bras face à la première difficulté. De découvrir que c’est une chance que la vie lui tend et qu’il
ne doit pas la laisser lui échapper, lui, qui est gay et ne peut donc pas avoir d’enfants, aux yeux de la nature et de la société.
Un roman qui dénonce beaucoup de choses telles que l’homophobie, l’amour, les conflits familiaux, et
l’intraitable rouage de l’adoption au vue du dénouement final. Que la vie n’est pas toujours juste, aime tester votre courage et qu’il faut donc savoir se battre pour garder ce qu’on a, rester
solidaire. Une très belle histoire, traitée avec une pointe d’humour que j’ai rarement put voir jusqu’à présent dans les livres ayant pour fond la condition de l’enfance dans la
société.
J’ai regardé le film Polisse récemment et je
ne peux pas m’empêcher d’en faire un rapprochement en ce qui concerne les sentiments que j’ai ressenti face à ces deux œuvres.