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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Ambroisie
Publié dans : #Genre Science-Fiction

de-la-poussiere-a-la-chaire.jpgEditions Gallimard/Folio, Science-Fiction
Publication : novembre 2001 (VO), 2002 (VF) _ Réédition : 15 juin 2006
215 pages _ 6,20 €

 

4ème de couverture : « Orphelin abandonné sur le seuil d’un vieux manoir, le jeune Timothy a été recueilli par une bien étrange famille composée de vampires, gargouilles, momies et autres créatures monstrueuses.

En grandissant, il décide de raconter les aventures de ces immortels. Au fil de son récit, apparaissent des personnages attachants et sensuels dont les histoires enchantent et fascinent Timothy à une époque où il est dangereux d’être différent. Car les vrais monstres ne sont peut-être pas dans le manoir, mais à l’extérieur où un dictateur haineux et intolérant vient de s’emparer du pouvoir… »

 

Mon avis : Voici un livre que j’attendais de mettre la main dessus en librairie depuis un peu plus d’un an et c’est avec une énorme surprise que j’ai enfin réussi à poser les yeux dessus. Là où d’autre on était séduit par Farenheit 451 – je vois encore Luc crier au sacrilège face à mon refus de lire ce livre – c’est un tout autre titre qui m’aura permis de rencontre l’illustre Ray Bradbury par le biais de Timothy.

            Ce jeune garçon, ce petit humain évoluant au sein d’un manoir peuplé d’êtres étranges et mystérieux tout aussi mystiques les uns que les autres. Ce petit cœur fragile qui a la charge de retranscrire l’histoire de la Famille.

            Et c’est donc au fil de ses rencontres que l’on découvre l’histoire d’un cousin, d’une mère ou de la première habitante du manoir après son apparition soudaine en haut de la colline. A chaque chapitre, son personnage. Bien que parfois, nous ayons la chance de suivre les aventures de Timothy au sein du manoir et de découvrir comment vive ses habitants.

            Il y a une chose qui m’a particulièrement frappé tout au long de ma lecture, c’est que l’on sait que nous sommes en présence d’être surnaturel mais à aucun moment il n’est fait mention de leur véritable nature, ni même qu’ils pourraient être des « monstres ». Ils apparaissent comme des êtres normaux, comme vous et moi. Cette particularité est dû, je pense, au fait qu’à part Timothy, aucun humain n’interfère directement avec la famille. Ce qui a tendance à donner l’impression qu’il n’existe qu’eux. Que ce sont les humains qui sont des êtres surnaturels.

            Ensuite, le deuxième point qui m’a marqué est que les descriptions sont imagées. Par exemple, au lieu de dire : « c’est le vent », à la place, l’auteur nous évoque les petites brises d’été, les rafales qui fouettent les côtes du bord de mer, le froid mortel de l’hiver, le cri de la tempête et etc… Il ne présente jamais les choses directement, ni ne les nommes. Il utilise à la place des descriptions de paysage, même lorsqu’il s’agit d’évoquer des sentiments.

            Avant d’en terminer avec ce livre, je dois avouer que le Manoir où vit la famille de Timothy ne m’est pas sans rappeler celui de la famille Addams.

 

Extrait :

« Longtemps avant qu’il n’y ait quiconque pour écouter, existait dans les Combles ce Lieu où les intempéries entraient par les carreaux brisés, venues de nuages errants en route vers nulle part, quelque part et n’importe où, et faisaient palabrer tout seul le grenier, en déposant sur son plancher un jardin japonais de poussière.

  Ce que susurraient et marmonnaient les brises et les vents en secouant les ardoises disjointes, nul ne pourraient le dire, à part Cecy, qui arrive peu de temps après la chatte, pour devenir la fille la plus belle et la plus singulière de la Famille, une fois que celle-ci se fut accoutumées au talent qu’avait Cecy d’effleurer les oreilles d’autrui et, de là, de pénétrer leurs esprits et, plus profondément encore, leurs rêves. Cecy vint s’étendre en ce grenier, sur les sables anciens du jardin japonais, et elle laisse les petites dunes la mouvoir tendis que la brise jouait de la musique sur le toit. Là, elle entendit parler les langages des vents et des lieux éloignés, et elle sut ce qui se passait au-delà de cette colline, ou d’une mer d’un côté et d’une mer différente et plus lointaine de l’autre, englobant les glaces millénaires qui étaient soufflées du nord et l’éternel été qui soupirait doucement du golfe du Mexique et des jungles d’Amazonie.

  Ainsi donc, étendue endormie, Cecy inhalait les saisons et percevait la rumeur des villes par-dessus les prés, au-delà des montagnes. Et si vous le lui demander à table, elle vous contait les affaires, violentes ou sereines, d’étrangers à quinze mille kilomètres de là. Elle avait toujours la bouche pleine d’anecdote à Monterrey, entendues la nuit tandis qu’elle avait les paupières closes.

  La Famille répétait souvent que, si l’on enfermait Cecy dans une boîte à musique, comme ces petites cylindres en cuivre hérissés de pointes, et qu’on la faisait tourner, elle vous jouerait la liste des bateaux et des navires en partance et, pourquoi pas, toutes les géographies de ce monde bleu, et qui sait encore, de l’univers. »

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yohann 31/08/2011 22:17



Bonne article, quand j'aurais fini ce que tu m'as deja passé, je te le prendrais, il m'intéresse :) et puis tu me la recommandé donc je pense le lire.



Ambroisie 01/09/2011 08:20



Compte sur moi !