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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Ambroisie
Publié dans : #Challenge : Sur les pages du Japon

nouvelles-asiatiques.jpgEditions Folio, Classique
Publication : 1927 (VO), 5 janvier 2011 (VF) _ Réédition : 2012
56 pages

 

4èmede couverture : « Entre un drôle de fantôme en manteau de pluie qui le poursuit et d’étranges mésaventures qui le mènent d’un repas de noce à un hôpital psychiatrique, le narrateur et sa folie en pente douce distillent une réflexion passionnante sur l’ambivalence du réel. »

 

Mon avis : Le livre gratuit est une belle invention sauf que je ne sais nullement si j’ai eu la chance de lire un extrait ou un texte intégral. Si je me pose cette question c’est parce qu’avant de me lancer dans cette lecture l’éditeur nous apprendre que l’auteur s’est suicidé, laissant derrière lui un titre posthume : La vie d’un idiot. Un livre autobiographique : « où on y lit le désespoir d’un homme rongé par l’angoisse et hanté par la folie ». Et dans les quelques chapitres que j’ai pu lire, on a affaire à un homme, écrivain, qui voit peu à peu son monde réel virer à l’enfer. L’homme se mettant parfois à voir apparaitre des rouages devant ses yeux ou encore une personne en manteau de pluie dont il semble le seul à prêter attention. Et l’angoisse, qui parfois le prend soudainement en otage et hante son esprit, jusqu’à se mettre à voir des présages de mauvais augure partout autour de lui.

            Ce genre de récit pourrait très rapidement devenir lassant mais tout comme le personnage principal, on est pris d’une névrose hystérique qui nous force à lire de plus en plus vite, incapable de lâcher ce fichu bouquin ! Et puis, l’histoire est agrémentée, comme des miettes de pain sur un chemin, de référence d’auteurs européens tels que Dostoïevski ou bien encore de mots anglais. Exemple avec cet extrait :

« Au bout de quatre cinq minutes, le téléphone se mit à sonner. Mais malgré mes « allô ? » réitérés, je ne saisissais au bout du fil que des sons confus, toujours les mêmes, inlassablement répétés. Mon oreille crut pourtant bien reconnaître le son « moole ». Raccrochant finalement le combiné, je repris mes cent pas à travers la chambre. Mais ce mot : « moole » poursuivait mes pensées. Moole… Mole… - mole, une taupe en anglais. Cette association d’idées ne me fut guère agréable. Mais il me suffit de deux ou trois secondes pour réorthographier « mole » en « mort » : la mort ; ce mot français jeta aussitôt l’alarme dans mon esprit. La mort me guettait.  »

 

            Au final, ce savoir vis-à-vis des langues et de la littérature européenne dont l’auteur agrémente son texte force les yeux à rester attacher aux mots qui défilent. Surtout quand on voit ce qu’ils deviennent, quelle définition en fait le personnage dans son esprit malade. J’ai été impressionnée et avec surprise, j’ai apprécié cette lecture. Je ne m’attendais pas à ce genre d’écriture où se mélange l’esprit japonais à celui européen. Car là où on pourrait ressentir un choc des cultures capable de déclarer une apocalypse, on assiste à un mariage des genres. Ce que j’étais loin d’imaginer pouvoir lire un jour suite à ma dernière mésaventure du genre.Bannière Décembre

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