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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Ambroisie
Publié dans : #Genre Vie Pratique-Vie Quotidienne

s-il-n-y-avait-plus-de-livre.jpgEditions Marabout, Vie Quotidienne
Publication : 15 août 2012 (VF)
124 pages _ 5,99 €

 

4èmede couverture : « Quand je pleure sur mon e-book, ça fait des splatchs, des wizz, des spocks (en cas de roman très sentimental).

Quand je pleure sur mon e-book, ça fait des reflets, j’y mets le coude, le mouchoir, le bout des doigts. Ça pourrait absorber au moins, à ce prix-là.

Et c’est bien triste si on ne peut même plus pleurer tranquille… »

 

Synopsis : Amoureux et collectionneurs de livres voient arriver un nouvel outil de lecture : la tablette numérique. Est-elle le cauchemar absolue du bibliophile ? Ou bien un objet qui lui permettra de se promener avec sa bibliothèque dans son sac, et sans avoir recours à des lunettes ? Finalement, ce sera ce que chacun voudra bien en faire, comme l’est Internet actuellement. Dans l’hypothèse de la disparition du livre papier, les deux auteurs de ce « vrai » livre se sont aperçus que de nombreuses situations de la vie quotidienne seraient bouleversées, du comique au tragique. L’idée de cet opus est venu de là. 100 petites scènes de vie qui feront sourire, provoqueront des bouffées de nostalgie, mais pas seulement.

 

(Propos recueilli sur le site Marabout)

 

Mon avis : Il y a quelques semaines, je suis tombée sur cet étrange bouquin à l’accueil du secteur livre d’un grand magasin. Vous vous doutez que face à la mangeuse de livres que je suis, ce titre n’a pu que m’interpeller : « Et s’il n’y avait plus de livres ? » Une réflexion digne de la fin du monde. Vous imaginez un peu, une vie sans livres… Moi qui ne supporte pas de lire un livre sur mon pc, alors la tablette numérique ou la liseuse, on y pense même pas ! Et ça, malgré les nombreux avantages de ledit appareil.

            C’est donc avec un véritable plaisir que j’ai dévoré les 100 petits billets qui composent cet ouvrage et j’en sors satisfaite, touchée et enthousiaste. J’ai adoré. La force de ce livre est que je me suis retrouvée dans certains et dans d’autres, j’ai fait face à quelques unes de mes interrogations face à l’arriver du numérique dans l’univers du livre.

            D’ailleurs, pour l’occasion j’en ai sélectionné quelques unes qui j’espère vous toucherons aussi à votre tour ou vous ferons sourire. Dans tous les cas, j’espère que vous aimerez autant que moi.

 

Extrait :

« Je connais une gentille dame qui collectionne les différentes éditions des ouvrages de Colette. Du poche au tirage de luxe, de la première édition à celle, vulgairement brochée et jaunie par les ans. Son plaisir est immense quand elle découvre une nouvelle présentation. Elle s’empresse de l’inscrire sur son carnet où, pour chaque titre, tout est soigneusement noté depuis de si nombreuses années. Quelle conservation du patrimoine littéraire !

Avec le numérique, le texte sera-t-il définitivement figé ou numéroté, genre version 2.0 ?

 

_-O-_

 

Combien de gens oseront lire avec leur liseuse dans la salle de bain ?... et dans les WC ? Ou les jours d’orage ? Ou dans les quartiers chauds ? Ou à la sauvette ? Derrière un banc ? Dans le sable ? À la bougie ? Sous la première étoile.

 

_-O-_

 

Quoi, le papier ?

Mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec ce papier ? Pourquoi ont-ils peur du numérique ? Les livres naissent bien dans les ordinateurs des auteurs, grâce aux traitements de textes qui rattrapent leurs fautes de frappe, leur signalent les doublons, leur permettent de corriger. Ensuite, c’est en numérique, par fichier, que les auteurs transmettent leurs œuvres chéries. Et la maquette, et l’imprimeur ? Bref, l’électronique, dématérialisée !

Alors pourquoi passer par la phase de ce papier qui pollue tant à être fabriqué ? Sans compter les éditeurs qui font réaliser leurs gentils albums écolos à l’autre bout du monde. Mais regardez-vous dans une glace !

C’est fini, vous êtes de la génération descendante, dinosaures, derniers des Mohicans avec votre amour pour les livres. Ils vont disparaître avec vous, rentrer dans un musée où seuls des chercheurs pourront les toucher ! Clap de fin !

Je me réveille. J’adore me souvenir de mes cauchemars. Je tourne la tête pour me rassurer, je vois la pile de livres à côté de ma lampe de chevet. Je souris. Ouf ! J’ai encore le temps.

J’ouvre les yeux vraiment.

 

_-O-_

 

Chers Monsieur,

Pendant plusieurs années et grâce à votre travail acharné, nous avons continué à présenter sur notre écran source les œuvres de M. Jean-Jacques Rousseau. Etant donné une chute très sensible des téléchargements, que nous déplorons, nous nous voyons dans l’obligation d’effacer cette œuvre par DIA (désherbage informatique agréé)/

Nous espérons que certains documents ayant permis autrefois cette numérisation sont toujours en votre possession ou présents dans une bibliothèque provinciale non recodée. Cela se passera donc mercredi.

Les internautes auront néanmoins le droit de télécharger le pitch général de l’œuvre en tapant comme mot de passe : « Promeneur solitaire ». Bien que nous soyons tristes de cette disparition, j’espère que vous comprendrez notre nécessité de déstockage dans ce monde où les flux parasitent de plus en plus souvent la communication personnelle la plus immédiate.

Veuillez recevoir nos meilleurs sentiments.

Le comité de lecture programmeur.

 

_-O-_

 

Un dimanche matin, mon curé devant l’autel prononce son homélie.

« Dieu est mon Sauveur. Un jour, il m’a dit :

« Prends ta croix et suis-moi ! »

Le chemin fut long et difficile, mais il m’a permis de voir la lumière. Vous aussi, chers paroissiens, la lumière est au bout du chemin. Sachez la trouver pour l’amour du Christ. Amen. »

Il laissa passer un instant de recueillement puis poursuivit sa liturgie :

« Je vous invite maintenant à chanter le numéro 36 sur l’e-book de chants. Ceux qui n’en ont pas peuvent regarder les écrans géants situés dans les allées. »

Je sais que je suis vieux jeu, mais je n’arrive pas à m’y faire. Pareil pour l’énorme bible qui a disparu du lutrin au profit d’un large écran tactile.

 

_-O-_

 

Longtanjmses8couchédebonneurblitzcracproustswann…

J’ai un virus dans mon livre. Ça change les mots, ça active la fonction « langage sms ». Je dois lire ce Proust pour demain, en abrégé.

Je vais voir si jamais papa l’a encore, au grenier. Sinon, demain, à l’interro, c’est la bulle.

 

_-O-_

 

Qu’est-ce que je m’ennuie !

Tout un week-end à attendre le chaland, lui sourire gauchement dès qu’il s’arrête à ma hauteur. Attendre patiemment qu’il lise d’un air détaché la quatrième de couverture pour finalement reposer mon livre sans me regarder et fuir plus loin.

M’énervent, les autres.

Ceux qui ont une file longue comme un serpent de mer. Ceux qui dessinent et hypnotisent leur public, au point que celui-ci vient se vautrer sur vos piles d’ouvrages pour mieux voir.

Ou, alors, je suis seul, pas loin de l’entrée. A coup sûr, je sais que je vais servir d’agence de renseignements.

Y’a intérêt à savoir où se trouvent les toilettes !

Souvent, une ribambelle de gamins arrive, un bout de papier ou un programme à la main, et me demande une signature. J’adore signer Jules Verne, Jean-Jacques Rousseau !

Je m’interroge :

Comment cela va-t-il se passer avec les livres électroniques ? Va-t-on dédicacer sur l’écran avec un stylo en plastique ? En téléchargeant un fichier ? Qu’est-ce qu’il y aura devant nous ? Des photocopies couleurs d’un dessin de couverture ? Un écran ? Rien ? Chouette ! On pourra dédicacer au bar !

 

_-O-_

 

Voir le père Noël, ce n’est pas évident. Les rennes, ça file comme une moto, paraît-il, mais sans bruit.

Puis, le père Noël en question, on dit qu’il n’est pas habillé de rouge pour de vrai, pas comme dans la publicité.

Il est vêtu de blanc nuage, camouflé.

Ce n’est pas du jeu.

Je veux essayer quand même, mais il reste le plus gros problème : je suis encore si petit.

La fenêtre est si haute pour moi.

Sur une chaise, j’aurais peur de la chute.

Alors, en sifflant, je prends un livre, monte dessus.

Pas assez. Une encyclopédie, tome I.

Encore un effort, le tome II aussi, comme il est lourd.

Je me hisse sur la pointe des pieds.

Je frotte un peu le verre de la fenêtre givrée.

C’est ma nuit de chance.

Au loin, au-dessus de la colline, soudain je le vois.

 

_-O-_

 

Arrivée à Paris, gamin.

Mon père m’emmène voir la tour Eiffel. Soudain, il est pris de coliques foudroyantes et court vers les premières toilettes publiques, juste au sortir du métro.

Au bout d’un temps infini, inquiet, je m’approche et l’appelle doucement.

- Y’a plus de papier ! m’annonce-t-il, agacé.

En, désespoir de cause, le cœur fendu, je sors mon livre de ma poche et le glisse sous la porte.

- Garde-moi le chapitre II. J’ai envie de le relire…

 

_-O-_

 

A la sempiternelle question pivotienne :

- Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous, après votre mort, l’entendre vous dire ?

Je réponds :

- La bibliothèque, c’est au fond à droite ! »

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dasola 28/11/2012 14:42


Bonjour, pour moi, un monde sans livre, c'est un monde sans soleil. J'espère ne jamais voir cela et que je serai morte avant. Bonne après-midi.

Ambroisie 07/12/2012 16:50



Je suis de tout coeur avec toi !



PC. 12/11/2012 22:39


Je ne sais pas, mais cela nourrit l'âme et développe l'imagination, la curiosité également.

Ambroisie 13/11/2012 19:54



C'est vrai.  Quel dommage que tout cela ne soit pas gratuit.



PC 08/11/2012 19:53


Merci pour cette présentation et j'aime aussi, les livres je les dévore !!!

Ambroisie 12/11/2012 13:11



Une nourriture dont mon ventre semble ne jamais se lasser, ni faire d'indigestion malgré les années. On devrait obliger ce genre de nutrition dans les régimes ! Qui
sait, ça pourrait peut-être faire des miracles...



yulin 08/11/2012 16:26


Je sens que je vais m'approprier celui là. On se retrouve effectivement beaucoup dans les citations! La troisième que tu as postée est pas mal, on rit mais il faut aussi s'interroger...

Ambroisie 08/11/2012 19:04



Oui, les billets sont vraiment intéressant. J'ai vraiment aimer tous les lire. Quand tu parleras du livre sur ton blog, vient me faire un petit coucou et je
viendrais lire ça.