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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Ambroisie
Publié dans : #Genre Jeunesse

je ne t'aime pas PaulusEditions Ecole des Loisirs/Medium, Jeunesse
Publication : 30 avril 1992 (VF)
236 pages _ 7 €

 

4ème de couverture : « « Il y a Paulus Stern qui est amoureux de toi. » Voilà ce que s’entend dire Julia, un matin, de la bouche de sa meilleure amie Johana.

Il faut préciser que Paulus Stern est le garçon le plus beau du monde et des environs, et que Julia est censée tomber raide morte, et verser des larmes de reconnaissance.

Mais sa réaction est plus nuancée. Et si c’était un de ces complots où l’on engage un type craquant pour séduire la mocheté du coin, se dit Julia tout en essayant de se regarder dans une glace sans ses lunettes, ce qui ne peut guère la renseigner sur ses atouts.

Mais cette nouvelle a au moins le mérite de la distraire d’une ambiance familiale pas franchement grisante depuis que son père est au chômage. Ses parents, histoire de voir le bon côté des choses, passent leur temps assis dans le noir à se lamenter et à se faire du chantage au suicide. Ils ont aussi supprimé les sports d’hiver, et pendant qu’ils y étaient, Noël. Quant à Judith, la petite sœur de Julia, elle vient de rebaptiser sa poupée préférée « Tu pues ».

Plus que distraite, Julia se sent perturbée – perturbée étant le mot faible – par les avances du beau Paulus, surtout lorsqu’il se met à plagier Apollinaire pour exprimer sa flamme.

Mais le jour où Paulus téléphone, il se passe une chose épouvantable. »

 

Mon avis : Prise de nostalgie, j’ai embarqué mon marque page favoris, une lampe, ma petite couverture de survie, et en compagnie de Margaux, nous nous sommes replongés dans un Japon habillé aux couleurs de l’automne. A l’honneur, souvenirs et plaisirs. A tel point que lorsque le voyage s’est achevé, j’ai été prise de frénésie dû au manque. Ressentant le besoin de tenir à nouveau entre mes mains un de ces petits romans blanc-crème au style si épuré.

            C’est ainsi qu’une fois en magasin, je me suis jetée sur le rayon comme une vorace jusqu’à ce que mes yeux s’arrêtent sur LE titre coup de foudre. Et c’est là que je suis tombée sur ce livre-ci qui a su me charmer. Où mais encore, comment dire : « Je t’aime, Paulus. » tout en se compliquant la vie.

            Car l’histoire de Julia, c’est un peu ça. La vie mouvementé d’une adolescente en pleine crise d’identité et en tant que lecteur, on le reçoit 5 sur 5. Que ce soit à travers ses aventures autant que sa façon de nous raconter sa vie. Les mots qu’elle choisit. Tantôt drôle, émouvant, amoureux, passionné et timide.

            Comme nous l’explique le résumé, Julia c’est une fille intello, pas très belle et binoclarde avec ça. Julia c’est la fille qui apprend tout d’un coup le licenciement de son père et qui assiste aux premières loges aux prises de bec de ses parents, se voyant imposé de force sa petite sœur dans les pattes. Julia, c’est la fille que Paulus Stern tombe amoureuse et qui n’en crois pas un mot, s’attendant à tout moment à une caméra cachée. Julia, c’est la vie d’une adolescente racontée par une adolescente. C’est LOL mais avec plus d’esprit et moins de superflu.

            Chapeau bas à Agnès Desarthe, qui réussit à nous tenir en halène sur l’histoire de Julia comme si il s’agissait d’un thriller. Suspense, suspense ! Un effet certainement dû au fait que l’héroïne, du début jusqu’à la fin, cherche à se convaincre qu’elle n’est pas amoureuse – peine perdue – mais aussi que les adolescents sont imprévisibles et caractériels.

            La fin est à l’image de l’adolescence, totalement hors de contrôle, puisqu’on ne connait pas la fin – tout du moins pour le tome un. On pourrait en rager ! Mais on en devient accro. 

 

« Je t’aime, moi non plus. »

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