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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Ambroisie
Publié dans : #FINI challenge : In the Mood for Japan !

la-ballade-de-l-impossible.jpgEditions 10/18, Domaine Etranger
Publication : 1987 (VO), 1999 (VF)
445 pages _ 8,20 €

 

4ème de couverture : « Au cours d’un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : Norwegian Wood. Instantanément, il replonge dans le souvenir d’un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s’est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouver Naoko. Elle est incertaine et angoissée. Il l’aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparait…

Hommage aux amours enfuies, La Ballade de l’impossible est un magnifique roman aux résonances autobiographiques, d’une tendresse et d’une intensité érotique saisissantes. »

 

Mon avis : Après mon dernier roman pour le challenge, j’ai eu envie de terminer avec le même auteur et ce malgré le fait que Skelarh m’a avoué avoir trouvé le film un peu long avec des passages à vide. Et puisqu’en général le livre est toujours meilleur que le film ma lecture ne pouvait que bien se passer, non ?

            Au final, je sors mitigée de cette dernière lecture. Un peu déçue, comme si on m’avait trompé. Le livre commence dans un avion et Watanabe, après avoir entendu une chanson replonge dans ses souvenirs. Vers ses années où il avait 19/20 ans. Sauf que lorsqu’on arrive à la fin, on se demande un peu ce qu’elle vient faire là cette scène avec son avion et sa charmante hôtesse de l’air. Car il n’y a aucun lien entre cette période là de sa jeunesse et ses actuels 37 ans. D’ailleurs, on ne sait même pas où en est Watanabe avec tous les personnages qui va nous être présenté. S’ils sont encore en vie et etcetera.

la-ballade-de-l-impossible-film-maison.jpg            Avec le personnage principal, on replonge dans le passé. Pendant ses années d’études supérieures où il y retrouvera Naoko après le suicide de Kizuki. D’ailleurs, Naoko sera présente du début jusqu’à la fin dans le roman. Pas forcément toujours comme s’y attendrait le lecteur. Il y en aura d’autres têtes telles que le facho, Nagasawa, Hatsumi, Reiko et Midori. Le tout sous fond de chamboulement économique. Mais tout cela, Watanabe n’en a que faire. D’ailleurs, il est même un garçon qui manque de motivation, de passion dans la vie à part le calme des livres. Il ne désire rien en ce bas monde. A du mal à se faire des amis. Les rencontres, les évènements qui se déroulent autour de lui semblent lui glisser dessus sans jamais le toucher.

            Je pense que c’est ce point là qui m’a agacé pendant ma lecture. Watanabe n’a aucune motivation et volonté. Il vit, un point c’est tout. Il est un peu comme un poisson qui se laisse porter par le courant. Il y aura bien des pierres sur son chemin mais il attend toujours que ce soit quelqu’un d’autre qui prend la décision. A l’occasion, il faut même le bousculer un peu.

            L’autre point c’est que les personnages qui gravitent autour de lui sont presque pour la plus part dépressif et suicidaire – et oui, on n’a pas l’un sans l’autre. Et moi, la déprime et la mort tout au long des pages, ça me gave vite. Ce que je trouve fort dommage car toutes ces rencontres sont vraiment enrichissante mais les mensonges du style : « attend-moi, je vais me rétablir », pour apprendre plus tard que la personne a fini par choisir la voie de la mort ; ça me fait grincer des dents.

            Au final, pas étonnant que Watanabe n’attend rien de la vie ! On a même l’impression d’une certaine façon qu’il se fait trompé tout autant que le lecteur.

 

Extrait :

« la mort n’est pas le bout de la vie, elle en fait partie

  Une fois mis en mots, cela paraît banal, mais à ce moment-là, ce n’était pas sous forme de mots, mais d’une masse d’air, que je le ressentais à l’intérieur de mon corps. La mort existait aussi à l’intérieur du presse-papiers, comme dans les quatre boules rouges et blanches alignées sur le billard. Et nous vivions en en inhalant les fines particules à l’intérieur de nos poumons.

  Jusqu’alors, j’avais toujours considéré la mort comme une existence indépendante, complètement séparée de la vie. En d’autres termes : « Il arrive un jour où la mort nous prend forcément dans ses bras. Mais, en revanche, elle ne nous prend jamais avant le jour où elle le fait. » Je trouvais que mon raisonnement était d’une logique à toute épreuve. La vie était de ce côté-ci, la mort de l’autre côté.

  Mais, à partir de la nuit de la mort de Kizuki, il ne me fut plus possible de penser à la mort (et à la vie) de façon aussi simple. La mort n’était pas une existence située tout au bout de la vie ? La mort faisait déjà partie de ma vie dès le départ, c’était un fait qu’il m’était impossible d’ignorer, que je le veuille ou non. Et la mort venait de s’emparer de moi, au moment même où elle emportait Kizuki, en cette nuit de mai de ses dix-sept ans.

  Je passais le printemps de mes dix-huit ans à ressentir cette masse d’air à l’intérieur de moi. Mais, en même temps, je m’efforçai de ne pas trop me prendre au sérieux. Parce que je sentais vaguement que le fait de devenir grave ne menait pas forcément à la vérité. Mais je pouvais retourner le problème en tous sens. Le fait est que la mort était une réalité bien vivante. Pris dans cette douloureuse contradiction, je m’enfonçais peu à peu dans un cercle vicieux. Quand j’y songe maintenant, je m’aperçois que j’ai alors vécu des jours bien étranges ; en pleine vie, tout tournait autour de la mort. »challenge-In-the-mood-for-Japan

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Luna 13/06/2011 11:09



Je ne connaissais pas du tout ce livre mais tu m'as donné envie d'en savoir plus :)


Merci d'être passée et de ta proposition (mais je suis quasiment certaine de les trouver dans une autre bibliothèque....), bonne semaine !



Ambroisie 13/06/2011 21:30



C'était un plaisir mais si tu veux découvrir l'auteur, je ne te conseille pas de commencer par ce roman ci. Choisis-en un autre.