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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Ambroisie
Publié dans : #FINI Les 10 jours japonais

logo salon du livre 2012Editions Gallimard, Classique
Publication : 1953 (VO), 2012 (VF)

4ème de couverture : « aucun »

 

Mon avis : Une petite nouvelle, écrite en français et en japonais qui me fut offerte lors de l’achat d’un manga en japonais au salon. Un ovni dans mon panier à mes yeux. N’étant pas à l’origine, mais alors pas du tout attirée par les nouvelles et autres récits classiques. Mais preuve est que je suis capable parfois de faire des exceptions.

            Une bien belle surprise à mes yeux, moi, qui avait déjà été déçu par deux fois par la plume de Yukio Mishima. Ici, j’ai pu revisiter mon jugement. Une petite nouvelle assez courte dans la peau de Jean Cocteau qui laissé à l’abandon suite à la mort de Radiguet, nous narre les derniers instants entre les deux hommes. Un texte court qui se lit en quinze minutes, simple et criant de beauté. Sans oublier l’amitié et l’amour qui transparait à travers la cohabitation des deux hommes. Comment Jean Cocteau a réagit face aux premiers signes annonciateurs de la mort de son ami. Cet ami, une pierre précieuse, que l’a nature a bien voulu lui prêter pendant un court instant de sa vie.

 

Extrait :

« Ce que le poète discernait dans les yeux calmes du garçon, c’était l’ombre de cet orgueil qui se cabre contre les crises. En ces temps où toute la jeunesse, rejoignant les rangs des sceptiques, avait sombré dans le désespoir, ces yeux-là incarnaient la clairvoyance qui refuse d’adhérer au doute.

  Cocteau comprenait bien l’expression de ce regard de jeune faon. Ce regard disait : « Moi, je ne tolérerai pas ça ! » Aux yeux de l’auteur, qui dans Le Bal,avait dépeint avec tant de lucidité les mouvements du cœur humain, tout ce qui portait atteinte à cette exigence de clarté était intolérable. L’élan vital, tel que l’entendait Radiguet, se caractérisait par la faculté de pousser jusqu’à ses limites ultimes la conscience lucide de ce processus qu’est la vie. L’ombre opaque qui, à l’arrière-plan, projetait sa menace sur cette vie aussi limpide qu’un cristal n’était autre que la mort. Cocteau, voyant l’angoisse qui teintait l’aveu de Radiguet, ne pouvait s’empêcher d’y déceler le signe avant-coureur d’une mort imminente.

  Voici ce qu’il écrivit quelques années plus tard :

 

  Vous savez ce que je nomme « gants du ciel ». Le ciel pour nous toucher sans se salir met parfois des gants. Raymond Radiguet était un gant du ciel. Sa forme allait au ciel comme un gant. Lorsque le ciel ôte sa main, c’est la mort. […] J’étais donc en garde. J’avais tout de suite cru que Radiguet était prêté, qu’il faudrait le rendre…  »10-jours-japonais

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unchocolatdansmonroman 01/04/2012 10:30



Ambroisie 05/04/2012 10:26



Oui je sais, c'est triste...



unchocolatdansmonroman 31/03/2012 16:52


En voilà un qui devrait me plaire, je ne connaissais pas ce titre ... Merci pour la découverte !

Ambroisie 31/03/2012 23:17



J'ai fait une recherche, il semblerait que cette nouvelle n'est pas en vente dans le commerce. Elle a été spécialement distribuée aux personnes achetant des ouvrages
sur le Japon lors du salon. Désolée.