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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Ambroisie
Publié dans : #FINI challenge : In the Mood for Japan !

le-maitre-de-the.jpgEditions Le Livre de Poche, Classique
Publication : 1991 (VO), 1995 (VF) _ Réédition : 1998, 1999, 2000
158 pages _ 4,50 €

 

4ème de couverture : « Non, Monsieur Rikyū (1522-1591), Grand Maître de thé issu du bouddhisme zen, n’est pas mort dans son lit !

Il s’est fait hara-kiri à l’âge de soixante-neuf ans. Pourquoi s’est-il donné la mort ? Un vieux moine, son disciple, tente d’élucider le mystère de ce suicide. Ce livre-enquête nous projette dans le Japon de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle.

A cette époque, la cérémonie du thé était un acte grave, empreint d’exigences éthiques et politiques, prétexte parfois à des négociations secrètes. Le Maître de thé est donc un roman d’initiation, de méditation, lyrique et sensuel à la fois. A travers la figure historique de Rikyū, Yasushi Inoué (1907-1991) dresse le portrait d’une génération hantée par la mort. »

 

Mon avis : Suite à mon coup de cœur avec Le Fusil de chasse, c’est avec hâte que je me suis jetée sur un autre roman du même auteur et que je me suis retrouvée avec entre les mains : Le Maître de thé. Un livre qui traite d’un thème complètement différent à celui que je viens de quitter. C’est ainsi que je suis passée de la Voie de l’Amour à la Voie du Thé.

            Une présentation bien étonnante que ce petit roman puisqu’à la première page, j’ai eu affaire à une « note des traducteurs ». Alors, petit plongeons dans l’histoire de la Voie du Thé où on nous explique ce que c’est et ce à quoi nous, lecteurs, nous devons nous préparer. On apprend donc que tous les personnages du roman ont réellement existé, ainsi que le narrateur Honkakubō qui fut un disciple de Maître Rikyū. A la différence que Honkakubō n’a jamais laissé de cahiers de sa vie après sa mort et que tous les entretiens auxquels nous allons assister est une pure invention de l’auteur.

            Et à la page suivante, petite liste biographique de tous les hauts personnages qui ont écrit l’histoire du Japon et que nous allons croiser au fil des pages avant de se plonger dans l’histoire.

            Mais avant de se retrouver dans la tête de Honkakubō, post-scriptum d’un inconnu qui nous faire part de sa découverte : cinq volumes tantôt monologue, tantôt journal ou mémento, de la main du moine Honkakubō retranscrit et modernisé en Les Cahiers posthumes du moine Honkakubō qui nous est présenté à la page suivante. C’est ainsi que l’on se retrouve dans la peau de l’ancien disciple de Maître Rikyū plusieurs années après le suicide de celui-ci. Un drame après lequel l’ancien élève a préféré se retirer du monde jusqu’à ce que viennent défiler les uns après les autres d’anciens compagnons de son Maître avant de mourir quelques années après. Alors on découvre ces longues discussions échangés dans les salles de thé ou en tête-à-tête après invitation où il remontera à la surface des questions enfouies : que s’est-il passé ? Pourquoi le Maître Rikyū après avoir été exilé a-t-il reçu l’ordre de s’hara-kiri ? Et pourquoi n’a-t-il même pas essayé de demander grâce ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi…

            Au fil des chapitres, on suivra la pensée tortueuse du moine au fur et à mesure de ses rencontres, des révélations qu’il glanera jusqu’à ce que vers la fin celui-ci finisse enfin par nous donner son avis sur ce qu’il pense de ce qu’il s’est passé, son avis sur la raison de cet évènement traumatisant.

            Assez court, il n’en a pas moins était assez fastidieux à lire car ne connaissant rien à la culture asiatique et encore moins à son histoire, je me suis souvent retrouvée perdue entre les époques et les noms de Maître de thé qui à mes yeux se ressemblent et se lisent tous de la même façon. A tel point que j’en confondais les personnages. Un sérieux handicap puisque ma compréhension du texte s’en retrouvait parfois faussée. Et puis, j’ai trouvé assez étonnant de voir ces grands hommes défiler devant Honkakubō tout d’un coup et d’apprendre des pages plus loin leurs décès quelques années après leur visite. Comme si avant de mourir il fallait venir se confier auprès de cet ancien disciple de Maître Rikyū, donnant l’impression  de continuer de vivre à travers lui. Et d’une certaine façon c’est bel et bien le cas puisque le vieux moine lui parle, l’imagine, à comme l’impression de percevoir sa présence à ses côtés.

            Un roman qui m’a paru un peu étrange.

 

Extrait n°1 :

« NOTE DES TRADUCTEURS

  La Voie du Thé n’avait à l’origine qu’un but : déguster le plus délicieux thé possible. Peu à peu, elle s’éloigne de la simple gourmandise et s’oriente vers la recherche d’une manière de préparer et servir le thé : un rituel dont, au XVe siècle, les formes sont définitivement fixées par les Maîtres Jukō et Jyōō (Shōō dans le roman). Imprégnée d’esprit zen, la cérémonie s’organise selon les principes d’austérité et de dépouillement de cette religion.

  C’est après cette période fondatrice que Rikyū (1522-1591) entre en scène : il s’efforce d’appliquer ce style « simple et sain » non seulement  à la préparation du thé mais à toutes les composantes de la cérémonie, c’est-à-dire à la salle, au décor, aux ustensiles (d’où les longues énumérations des noms dont les Maîtres baptisent leurs plus précieuses céramiques). Il tentera avec plus ou moins de bonheur (il vit en des temps de conflits terribles) de relier la Voie du Thé à celle des guerriers samouraï.

  Les personnages de ce roman, y compris le narrateur, ont réellement existé, mais Honkakubō n’a laissé aucun cahier. Tous ses entretiens sont donc une invention de l’auteur. »

 

Extrait n°2 :

« Le mieux serait peut-être de raconter ce qui s’est passé, sans me préoccuper de savoir si cela constituera ou non une réponse. Il s’agit d’un rêve que j’ai fait, à l’aube, environ vingt jours après la disparition de mon Maître, alors que j’étais retourné dans mon village natal…

  Je longeais un chemin de graviers, à l’aspect glacé et desséché ; un long, très long sentier de petits cailloux, sans un arbre, sans un brin d’herbe, sur lequel personne n’avait jamais osé s’aventurer. J’avais l’impression de le suivre depuis bien longtemps déjà. Au bout d’un moment, je me demandai si ce n’était pas le chemin qui mène vers l’autre monde, car il était si triste qu’il me glaçait l’âme : il continuait sans fin et on ne savait si c’était le jour ou la nuit. Tout à coup, je me rendis compte que quelqu’un d’autre marchait devant moi, et compris aussitôt qu’il s’agissait de Maître Rikyū. « Ah ! c’est donc ça : j’accompagne Maître Rikyū sur ce sentier désolé, ce chemin vers l’autre monde ; c’est très bien ainsi », pensai-je. Mais je compris très vite qu’en fait ce chemin menait vers Kyōto : « Mais bien sûr ! j’accompagne mon Maître jusqu’au palais du Taïko Hideyoshi… et ce chemin de graviers désolé où personne ne peut s’aventurer doit aboutir à la capitale… » Je ne pouvais toutefois m’expliquer pourquoi un sentier pareil conduisait à Kyōto. Mais à cet instant, mon Maître s’arrêta et se retourna lentement vers moi, comme s’il voulait s’assurer que je le suivais toujours. Après un bon moment, il se retourna encore mais, cette fois, ce fut pour me regarder fixement, comme pour m’intimer l’ordre de rentrer. Je décidai de me conformer docilement à son désir et de m’en aller : je m’inclinai alors profondément vers lui pour prendre congé. Le rêve s’arrête ici…

  Puis je me levai pour m’agenouiller et m’incliner interminablement : comme je l’avais fait en rêve, je continuais de m’incliner en direction de mon Maître, en un respectueux adieu. »

challenge-In-the-mood-for-Japan

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Ankya 14/05/2011 12:17



En général je ne fais pas de recherches, mais là quand j'ai vu que la date de première parution et celle du décès de l'auteur étaient identiques, je me suis dit que j'allais jeter un oeil :)


Autrement, je suis en plein Le Fusil de chasse, et c'est tout autre chose ! J'aime beaucoup :)



Ambroisie 15/05/2011 21:48



Je viendrais lire ce que tu as fait sur ton blog alors. A bientôt !



Ankya 12/05/2011 15:15



Bonjour, je viens de finir ce livre pour le challenge aussi :) J'ai beaucoup aimé.


En fait il est spécial par rapport aux autres de l'auteur car il a été écrit l'année de la mort de l'auteur. Agé de 83 ans, je pense qu'il était en mode "reccueillement" et "souvenirs" au moment
où il l'a écrit, sentant sa fin approcher.



Ambroisie 14/05/2011 07:25



Je ne savais pas en ce qui concerne l'âge de l'auteur qui doit être la raison de son style d'écriture, comme tu me le fais remarqué. Tu as fait des recherches en
plus de lire le livre ?



The Bursar 23/01/2011 23:45



Je viens de le commencer, j'espère que j'aurais moins de mal que toi à le lire, en même temps, j'ai déjà croisé certains des noms dans le livre que je vienne de lire sur les samouraïs, espérons
que ça m'aide un peu. Je suis du coup très curieuse vu qu'il y a un lien entre la voie du thé et celle des samouraïs.



Ambroisie 24/01/2011 16:20



Je te souhaite de passer un agréable moment alors et je pense que oui, le fait que tu connaisses quelques noms doit te rendre la lecture plus facile. Là où moi,
parfois, je devais fouiller dans ma mémoire pour me souvenir de la personne dont il était question.



Iluze 25/10/2010 09:36



Il m'effraye un peu cet auteur. Je ne pense pas le lire de si tôt !



Ambroisie 25/10/2010 23:04



Il ne faut pas dire ça voyons ! Il est très bien cet auteur ! lol


Non, en fait, si tu veux tenter ta chance avec lui, je te conseille chaudement Le Fusil de chasse. C'est vraiment
une très belle histoire. Il faut juste s'habituer au style d'écriture japonais.