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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Ambroisie
Publié dans : #FINI challenge : In the Mood for Japan !

le-pont-flottant-des-songes.jpgEditions Gallimard, Classique
Publication : 1959 (VO), 1998 (VF) _ Réédition : 7 mai 2009
112 pages _ 2 €

 

4ème de couverture : « Tadasu a grandi, mais il reste toujours un petit enfant lorsqu’il pense à son enfance et à sa mère, la merveilleuse Chinu, si bien réincarnée dans la seconde femme de son père, avec qui il entretient une relation trouble mêlant amour filial et désir.

Un magnifique éloge de la maternité et une réflexion sur l’image de la Femme. »

 

Extrait :

« En ce jour où le coucou

A l’Ermitage aux hérons

Vient chanter

Le pont flottant des songes

Est désormais franchi. »

 

Mon avis : Déçue par mes deux dernières lectures que j’avais difficilement digéré pour ce challenge, je me suis tournée pour cette fois vers un petit livre. Quelque chose de compacte et peu épais de peur de faire à nouveau face à ce sentiment néfaste d’être rebuté par la littérature japonaise.

            Mais au final, quelle histoire !

            J’ai été agréablement surprise, totalement captivée par ce petit roman où le style est complètement épuré de cette prétention, de cette dureté que j’avais ressenti avec Mishima Yukio. Où le personnage de Tadasu nous raconte un pan de son enfance, nous trace la vie de ses deux mamans qui ont fait l’homme qu’il est aujourd’hui. Un journal entrecoupé au début de poèmes courts mélangés à ses souvenirs. Les descriptions des paysages qui ont bercés son éducation sur une touche calme et tout en beauté. Une histoire où on apprend à la moitié du livre que Tadasu se contente simplement de retranscrire des bouts de son passé qu’il ne désire pas oublier pour son simple plaisir et non dans le but d’être lu par d’autres. Loin de là le désir de captiver un quelconque autre lecteur que lui-même. Car entre ses mots qu’il écrit, s’est son cœur qu’il y déverse. Un recueil de peur d’oublier cette aventure de jeune garçon.

            Un récit qui reste toute fois un peu étrange car comme il nous l’explique, ses deux mamans s’appelaient Chinu, et physiquement et psychologiquement elles étaient semblables. A tel point que lorsqu’il fouille dans ses souvenirs, ce n’est pas qu’une seule mère qu’il voit mais deux. Deux entités qui ont fini par se couler l’une dans l’autre jusqu’à en devenir indissociable au fur et à mesure que les souvenirs s’étiolent, deviennent lointain. Deux visages pour le prix d’un seul. Doublé d’une vie de famille calme, tranquille, bercé par l’amour du cocon que ses parents ont tissé tout autour de lui dans cette maison où on n’y recevait quasiment pas de visiteurs. Une vie à trois.

            Une croissance sereine qui baigne dans le calme, emprunte d’amour et d’humilité entre chaque protagoniste. Où chacun se contente de l’autre à tel point que le monde extérieur n’existe pas, ni n’a sa place dans cette histoire. Un mode de vie où l’en apprend plus tard quand Tadasu se retrouve obligé de se confronter au monde extérieur par le biais du décès de son père que les gens, jaloux, font circuler des rumeurs sur leur mode de vie douteuse simplement parce qu’ils ne savent rien. Une vie d’une certaine façon tellement coupé du monde qu’elle semble hors du temps dans cette maison typiquement japonaise même si on sait que de l’autre côté le monde moderne évolue. A tel point que le lecteur se retrouve comme perdu dans l’époque.

            Un thème d’histoire qui peut vite être récurant, ce qu’il est habituellement pour moi, sauf que la plume étant comme le personnage, comme sa vie, on se laisse tout simplement bercé par la lecture.

 

Extrait :

« Comme je l’ai déjà dit, lorsque j’évoque ces souvenirs de pieds dans l’eau, de nenunawa ou d’autres encore, je ne sais trop si ce sont des choses entendues ou ressenties autrefois, du vivant de ma vraie mère, puis revécues avec ma nouvelle maman, ou si, en fait, c’est avec elle que je les ai vécues pour la première fois. Mon père s’était employé à me faire effacer toute différence entres ma mère naturelle et ma mère adoptive, en me faisant confondre leurs faits et gestes, et il est certain qu’il avait fait part de son plan à la nouvelle venue. »challenge-In-the-mood-for-Japan

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Iluze 17/02/2011 16:50



Je viens juste de le commencer ;).



Ambroisie 17/02/2011 20:05



Oh ! Oh ! Oh ! Faudra que tu reviennes me faire signe alors quand tu auras publié ton article, que je vienne le lire ton avis. J'espère que tu vas aimer.



Jana 22/01/2011 21:33



J'ai lu ce très court livre (également pour le challenge In the mood for Japan) mais il m'a nettement moins emballée que toi...



Ambroisie 22/01/2011 23:54



Ah, les goûts et les couleurs ça ne se discutent pas mais je n'en suis pas étonnée pour autant puisque écrit différement, je n'aurais pas réussi à digérer cette
lecture non plus.



yohann 22/01/2011 20:45



je suis content que le livre t'es plus et tu as fait un remarquable billet, dans lequel on voit trés bien tes sentiments pour ce livre :)



Ambroisie 22/01/2011 23:52



Merci à toi pour ton compliment. A très bientôt. Bisou.