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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Ambroisie
Publié dans : #FINI challenge : J'aime les classiques !

Peter-Pan.jpgEditions Librio, Classique
Publication : 1962 (VO), 1982 (VF)
140 pages _ 2 €

 

 

4ème de couverture : « Peter Pan est bien étrange. Il est vêtu de feuilles, ne connaît pas son âge et ignore ce qu'est un baiser. Wendy est intriguée par ce garçon et la lumière tintinnabulante qui l'accompagne partout - la fée Clochette. D'où viennent-ils ?

« Je me suis enfui le jour de ma naissance, répond Peter Pan. Je ne veux pas devenir un adulte, alors depuis, je vis au pays des fées. Sais-tu d'où viennent les fées ? Lorsque le premier de tous les bébés se mit à rire pour la première fois, son rire se brisa en milliers de morceaux, et chaque morceau devint une fée. »

Wendy et ses deux frères, John et Michael, n'hésiteront pas bien longtemps à suivre Peter Pan et Clochette sur l'île merveilleuse, au pays de l'Imaginaire... »

 

Mon avis : Je vais vous présenter quelqu’un que vous connaissez certainement, il s’agit de : Peter Pan. Un personnage, que lorsque nous étions enfant nous rêvions tous de rencontrer, qu’il nous apprenne à voler pour ensuite parcourir les nuages et vivre de folles aventures à la pointe d’une épée acérée, et dont le monde du cinéma lui a souvent rendu hommage.

            Petite cinématographie pour le plaisir avant de commencer mon travail de commentatrice :

·         1924 : Peter Pan ;Peter-Pan-film.jpg

·         1953 : Peter Pan (Walt Disney) ;

·         1991 : Hook, la revanche du capitaine Crochet (de Steven Spielberg avec Robin Williams) ;

·         2002 : Peter Pan dans Retour au Pays Imaginaire (Walt Disney) ;

·         2003 : Peter Pan (de P.J. Hoogan avec Jeremy Sumpter) ;

·         2004 : Neverland (de Marc Forster avec Johnny Depp) ;

·         2008 : La fée Clochette (Walt Disney) ;

·         2009 : La fée Clochette et la Pierre de Lune (Walt Disney) ;

·         2010 : Peter (prochainement, adaptation de la BD de l’auteur français Régis Loisel).

 

            Je suppose que parmi vous, énormément connaisse le Walt Disney, le film Hook et très peu le film qui est sorti en 2003. La version la plus approximative du livre puisqu’on y retrouve des copier/coller de scènes et de répliques. Mais combien d’entre vous ont eu le courage un jour de se lancer dans la lecture de notre illustre garnement du Pays de Nulle Part ?

            Moi, il m’aura fallu le prétexte d’un challenge pour m’intéresser à l’œuvre original que je vais vous présenté.

            L’une des premières choses qui m’ont marqué dans cette lecture c’est que j’avais plus l’impression d’être le public devant un conteur qu’un lecteur. La raison est que tout au long des pages, l’histoire nous est conté, conté par James M. Barrie lui-même qui s’amuse ça et là à s’adresser à nous, à nous posez des questions ou à nous faire remarquer un truc que nous n’aurions pas vue au moment de notre lecture. Un style que je n’avais encore jamais rencontré mais auquel j’ai adhéré totalement. Ayant eu parfois l’impression de rencontre l’homme-enfant qu’interprète Johnny Depp dans Neverland.

  « Nous commençons à connaître Mme. Darling, depuis le temps, et sommes sûrs qu’elle nous reprocherait de priver les enfants de leur petit plaisir.

- Mais, chère madame, jeudi en huit, c’est seulement dans dix jours. En vous prévenant dès maintenant, nous vous épargnons dix jours de tristesse !

- Oui, mais à quel prix ! En frustrant les enfants de dix minutes de joie.

- Bon, si vous considérez les choses ainsi…

- Peut-on les considérer autrement, je vous prie ?

  Vous le voyez, cette femme n’a pas de caractère. Nous qui avions l’intention de dire des choses extraordinairement gentilles à son sujet, nous la méprisons et garderons nos louanges pour nous. »


           
Quand on son penche sur l’histoire, on se rend compte qu’elle est différente de ce que nous connaissons, de l’image que nous nous faisons de Peter Pan et de son Pays Imaginaire.

 

            Départ de Londres, on y croise Mr. & Mme. Darling, les parents de Wendy, John et Michael ; sans oublier la célèbre Nana ! Lui, travaillant dans une banque et donc très à cheval sur la dépense de l’argent. Elle, la plus belle et douce des mamans que puisse rêvaient d’avoir les enfants, avec une merveille en plus :

« Quant à cette bouche moqueuse, un baiser y était posé que Wendy ne parvenait jamais à prendre. Il se tenait là, bien ostensiblement, au coin des lèvres, à droite. »


           
Dans cette partie, tout au long des pages nous seront mis en garde. Quelque chose s’approche, se prépare et son identité c’est Wendy qui nous la dévoile. Car saviez-vous que les enfants connaissent tous Peter Pan ? Ils connaissent ses aventures, connaissent l’île sur laquelle il s’amuse à être espiègle et tout ce qu’ils inventent existe réellement. La nuit, dans leur rêve ou lorsqu’ils sont au parc ils foulent la terre de ce pays où l’imagination est reine. Mais étrangement, comme nous le remarquerons pendant notre lecture, tous connaissent Peter Pan mais aucun n’est capable de le reconnaître lorsque celui-ci se présente à eux.

            Vient ensuite la traversé entre les deux mondes où pendant ce long parcours, on découvre une face de notre héro à courtes jambes que nous ne soupçonnions pas. Celui-ci à l’habitude de dire tout ce qu’il lui passe par la tête. Rigole quand l’un des passagers chute en direction de la mer parce qu’il s’est endormi au lieu de voler à son secours et fait exprès de le rattraper à ras des flots. Il éprouvait plus d’intérêt à montrer son agilité qu’à sauver une vie humaine. Egoïste et crâneur, il l’est. Mais la révélation la plus terrible étant qu’il perde vite la mémoire. Plusieurs fois, Wendy et John se retrouvent obligés de lui répéter leur nom car il ne se souvient plus d’eux. A ce moment là, on s’inquiète et on se demande si c’est là le prix à payer pour rester éternellement jeune, pour rester un enfant qui ne grandira jamais ?

« La deuxième à droite, et droit devant jusqu’au matin ! »


           
Enfin, nous arrivons et on découvre une île à double face. Certes, elle a tout de paradisiaque mais là nuit il ne vaut mieux pas traîner dehors et quand bien même, surtout pas seul. Car lorsque le soleil tombe, tout le monde se met en chasse et tourne en rond autour de l’île. Les garçons perdus en tête. Les pirates à la recherche des garçons perdus, les Peaux-Rouges cherchant après les pirates, et les bêtes sauvages les Peaux-Rouges. Tous tournent, se déplacent à une même allure ce qui fait qu’ils ne se rencontrent jamais. Ce qui vaut mieux car sinon c’est à un vrai bain de sang auquel nous avons affaire.

            C’est sur ce terrain que nos trois londoniens vivront leur plus belles aventures jusqu’à être capturé par les pirates et que Peter Pan viendra à leur secours où à la fin tous rentreront au pays natal, sauf un.

 

            Cette courte histoire est loin d’être un conte pour enfant, se composant de plusieurs degrés de lecture. Comparé aux autres histoires enfantines, ici on y côtoie la mort et tuer n’est pas un problème. Crochet et Peter Pan en tête de liste. On y croise le syndrome de Peter Pan qui est le refus de grandir, l’éveil de la sexualité et les sentiments freudiens envers la figure maternelle. Le personnage principal en lui-même devient sombre et torturé et les relations entre chaque individu se révèlent très complexes (jalousie, colère, haine, tristesse, amour).

            Peter Pan est une histoire riche de sens et profonde et lorsque l’on s’attache à cette analyse la lecture prend une tout autre dimension.

  « A la vue de son propre sang, dont – vous vous en souvenez – la couleur peu ordinaire lui était insupportable, l’épée tomba de sa main et il se trouva à la merci de Peter.

- Achève-le ! crièrent les garçons.

  Mais d’un geste sublime, Peter invita son ennemi à ramasser son épée. Crochet ne se le fit pas dire deux fois, avec cependant le sentiment tragique que Peter lui donnait une leçon de savoir-vivre.

Jusque-là, il croyait combattre un démon, mais de plus sombres soupçons l’assaillirent.

- Qui es-tu donc, Pan ? cria-t-il.

- Je suis la jeunesse, je suis la joie, répondit Peter tout à trac, je suis un petit oiseau sorti de l’œuf.

  Cette réponse absurde prouvait néanmoins que Peter n’avait pas la moindre idée de ce qu’il était, ce qui est le degré suprême du bon ton. »

 

            Pour les petits curieux et curieuses, voici ce qu’écrivit James M. Barrie, lui-même, pour le programme de Peter Pan lors de sa représentation à Paris en 1908 :

« Peter Pan ou le garçon qui ne voulait pas grandir est une pièce pour enfants et pour ceux qui autrefois l’ont été, écrite par un auteur qui entend rester un enfant. Tout au long de notre enfance, nous prétendons tous les jours être des pirates ou des Peaux-Rouges ou des mamans et toutes les nuits nous rêvons encore de ces mêmes rôles. Mais il y a surtout une étrange et magique demi-heure, entre le jour et la nuit, entre la veille et le sommeil, quand l’enfant, les yeux grands ouverts dans son lit, voit le jeu et le rêve se fondre en un, un monde de l’imagination devenir réalité. C’est cette demi-heure que la pièce tente de recréer. »

            Et pour les personnes qui seraient intéressés par la BD, je tiens juste à prévenir que l’histoire est beaucoup plus sombre et qu’elle n’a rien à voir avec le livre bien qu’elle s’inspire des grandes lignes.

            Mais si vous désirez en lire un peu plus, vous avez aussi L’habit rouge de Peter Pan (que j’espère pouvoir lire prochainement), écrit par Geraldine McCaughrean après avoir relevé le défi lancé d’écrire la suite du livre par l’hôpital Great Ormond Street Hospital Children’s Charity à qui James Barrie a cédé les droits.

Un site intéressant à lire : http://www.sitartmag.com/peterpan.htm

 

Je pense que vous l’aurez plus ou moins remarqué, je suis fan inconditionnel de Peter Pan.

 
defi_classique.jpg

Commenter cet article

Griwi 27/03/2010 12:48


Ou as tu trouvé le livre? Ca fait un petit moment que je le cherche >.<


Ambroisie 28/03/2010 13:42



Coup de chance en traînant à l'Univers du Livre de Beauvais
(si tu y es encore ?), dans les Librios. Je te souhaite bon courage pour le trouver car je n'en trouve plus nulle part dans cette édition.



Marie L. 05/03/2010 20:31


Quel article complet! Une bonne analyse... Et dire que je n'ai toujours pas lu ce livre... C'est la honte!


Ambroisie 06/03/2010 16:07



Je suis contente de ne plus être dans cette situation grâce à toi ! Et j'attends avec impatience de voir ta liste de la troisième session.