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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Skelarh
Publié dans : #Genre Domaine Etranger

Carole FIVES

Editions “LEPASSAGE” –  157 pages – 14€

 

4ème de couverture :

 

 Quand-nous-serons-heureux.jpg« Il y a les vies que nous aimerions vivre… et celles que nous vivons, faites de compromis, de doutes, de fantasmes : le fils qui fait de la scène pour attirer l’attention de son père, la jeune femme qui comprend que ses opérations de chirurgie plastique n’ont pas réglé ses problèmes, la fan de David Bowie qui perd le sens de la réalité, l’homme qui à force de ratures, de biffures sur son agenda se rend compte que c’est son existence qu’il annule jour après jour, la victime de viol dans le déni qui relate son agression comme s’il s’agissait d’une histoire d’amour, le photographe RMIste en panne de modèles…

 

Avec un style concis, direct, très contemporain, cru sans jamais être cruel, Quand nous serons heureux porte un regard à la fois corrosif et humoristique sur les parents, les enfants, les amants, les maris et les femmes… Bref, sur la société et sur ses failles. »

 

 

 

L’avis :

 

Livre composé intégralement de courtes nouvelles se lit facilement, 10 min à perdre dans les transports en commun, et hop on sort son exemplaire pour lire une petite histoire. Certaines sont mieux que d’autres bien sûr, mais alors que je m’attendais à être déçu, je ne suis pas mécontent du temps passé à lire ce livre. On y découvre une critique de la société assez acide et cruelle de vérité.

 

Dans une des nouvelles, on rencontre une femme que tous désire, belle pour la société et elle multiplie les conquêtes sans trop de difficulté. Ce qui ne va pas ? Simple, elle se rend bien compte, après de nombreuses opération de chirurgie pour la rendre « belle » pour le monde, que ce n’est plus elle qui se regarde dans le miroir le matin, plus elle qui finit la nuit dans le lit d’un homme, ni même elle qui est désirée. Et au final ? Elle est belle, désirable, mais elle n’est plus elle-même, juste un produit de consommation.  

 

Ce n’est bien sûr qu’un exemple ! J’aurai pu en citer d’autres, encore moins politiquement correct, d’une femme qui jalouse ses enfants trop gentil avec leur père et donc mari, qui en vient à les détester, pour rien, voir pire. Bref, chaque histoire à sa petite fin acerbe ou heureuse. Certaines nous font sourire, d’autres seront là pour nous remettre en question ou nous mettre mal à l’aise. On passe rapidement du coq à l’âne, le sourire s’efface vite mais reviens rapidement également grâce à la taille relativement courte des histoires et heureusement d’ailleurs.

 

J’ai bien apprécié le fait que, au fur et à mesure, on se rend compte que les histoires du début sont liées, à un moment ou un autre, à une autre histoire. Autre point « intéressant », la dernière nouvelle nous place du point de vue d’un lecteur de ce livre, d’un critique même. Dictant clairement que le livre est mauvais et que personne n’a envie de lire des histoires d’adultère, de violence ou d’inceste entrecoupé par des histoires d’amour et de bonheur. Idée intéressante qui m’a bien plu.

 

Point négatif ? Le prix ! Le livre se lit rapidement, des histoires courtes, grosse police d’écriture et peu de page. C’est dommage, ce facteur va rebuter pas mal de monde.

 

Merci à BOB et aux éditions LEPASSAGE pour m’avoir donné l’opportunité de lire ce livre qui me serai passé sous le nez dans le cas contraire.

 

Extrait :

 

« Rappelez-moi votre taille ? Vous considérez-vous comme une femme attirante ? Dans la moyenne ? je vois ? Ecoutez-moi bien, si madame Lamour bénéficie, à travail égal, d’un meilleur avancement que el vôtre, c’est en vertu de  ce que les Bruner et Tagiuri nomment sa Baby Face, vous y êtes ? Les baby faces sont les femmes considérées comme les plus attirantes, leurs traits évoquent ceux de l’enfance, les yeux sont grands, leur nez gracieux et les contours de leur visage encore toniques, non altérés par l’âge, l’affaissement des tissus, un double voir un triple menton, madame Pluchot, suis-je assez clair ?

 Vous exigez d’être jugée sur vos performances et non sur votre physique ? Ce n’est pas à moi qu’il faut dire ça, c’est tout un système de représentations qu’il faut remettre à plat et dont je ne suis pas maître, les études parlent d’elles-mêmes… »

 

 

 

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