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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Ambroisie
Publié dans : #Genre Classique

chaperon-rond-rouge.jpgEditions Syros, Classique
Publication : 25 février 2010 (VF)
48 pages _ 4 €

 

4ème de couverture : « La collection « Le tour du monde d’un conte » au format poche propose de découvrir des versions très différentes d’un même conte.

Voici quatre histoires du Petit Chaperon rouge racontées dans le monde :

·         Le Petit Chaperon rouge, la célèbre version de Charles Perrault (France)

Il était une fois une petite fille qui, pour porter une galette et un petit pot de beurre à sa Mère-grand, avait à traverser le bois…

·         La petite Aïcha et le grand-père Bouissa (Maroc)

Tous les jours, Aïcha se rendait chez son grand-père, qui ne pouvait plus bouger, pour lui préparer son repas. Mais elle ne savait pas qu’un ogre les observait…

·         La petite fille et le lion (Nandi/Afrique de l’Est)

Une petite fille marchait sur un sentier. Elle portait des bijoux et tirait une vache, elle apportait du lait à sa grand-mère. Sur son chemin, elle rencontra un lion…

·         Les sœurs et le démon (Japon)

Un jour, une mère laissa ses deux petites filles seules à la maison pour aller cueillir des taros. Mais un démon ne fit qu’une bouchée de la pauvre femme et prit aussitôt son apparence… »

 

Mon avis : Quatre contes très intéressants et aussi cruels. Chacun m’a marqué à sa manière car comparé à ceux que l’on retrouve sous La Belle et la Bête, dans chaque récit il y a une personne qui disparait, mangée et qui ne revient pas. Il est donc souvent question de décès dans ces histoires. De plus, toutes ne finissent pas bien. Ce qui rend parfois, la morale, difficile à assimiler.

            Par exemple avec la première histoire, où j’ai été fort surprise de découvrir que je connaissais une autre fin avec un dénouement heureux. Le bucheron venant sauver la grand-mère suite à l’appel du petit chaperon rouge, remplissant par la suite le ventre du loup de caillou pour qu’il finisse par se noyer dans la rivière en ayant la langue sèche – ou je me trompe avec l’autre histoire où il y a des agneaux ? Ne m’attendant pas à ce que le loup gagne dans cette version, mangeant et la grand-mère et la petite fille. Démontrant qu’il faut se méfier des inconnus et parfois, encore plus de ses proches.

            Inversement avec la petite Aïcha où cette fois-ci ce ne sera pas la vieille grand-mère mais le vieux grand-père qui se fera manger. Avant qu’à son tour, la jeune fille prenne à son propre piège l’horrible créature. Quelle fille intelligente cette Aïcha qui aura préférée une attaque subtile à un affrontement direct.

            Celle avec le lion est la plus cruel à mes yeux, cela étant peut-être nécessaire puisque la savane est un lieu dangereux et qu’il fallait être sûr que les enfants ne s’y baladeraient pas impunément. Je m’excuse donc par avance du spoiler que je vais vous faire mais ne peut pas faire autrement afin de vous faire partager mon horreur. J’ai été particulièrement choquée de lire qu’au fur et à mesure de l’histoire, la grand-mère se faisait manger des parties du corps par le lion suite au chantage affectif qu’il lui avait fait sans se plaindre et sous les yeux de sa petite-fille. Et il faudra qu’il ne lui reste plus que la tête pour que la fille s’en inquiète et réalise la présence du lion dans la maison avant de se sauver ! J’ai été choquée par la grand-mère qui se laisse manger sans rien dire et par la petite-fille qui ne réalise pas ce qu’il se passe, voyant un membre de sa famille diminuer en chaire tous les jours, petit à petit ! Et bien qu’elle s’en sorte grâce à sa ruse, je trouve que la gamine aurait pu réagir plus tôt, avant qu’elle ne se réveille avec plus qu’une tête à côté d’elle dans le lit. Erk !

            La dernière en fin de compte est la moins cruel et la seule qui propose un dénouement heureux et complet. Puisque les petites filles retrouvent leur mère à la fin. D’ailleurs, à ce sujet, je soupçonne les personnes ayant travaillé sur ce projet d’avoir choisi volontairement quatre histoires proposant chacun une fin différente afin de marquer l’esprit du lecteur. En tout cas, pour moi, c’est chose faite. Lorsque j’aurais des enfants, je réfléchirais deux fois avant de présenter l’histoire du Petit Chaperon Rouge et qu’elle version je déciderais de raconter.

            J’ai aussi noté que le rôle du méchant variait selon les pays. Ainsi, pour la France nous avons le loup, pour le Maroc le rôle ira à l’ogre, le roi de la savane pour l’Afrique et au Japon, un démon. Chaque pays semble avoir son monstre populaire et il a été intéressant de les découvrir. Je comprends mieux maintenant pourquoi il y a beaucoup d’albums pour les enfants mettant en scène un loup dans nos librairies. Au suivant !

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