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Kezako du livre

Kezako = "Qu'est-ce que c'est ?"

Publié le par Ambroisie
Publié dans : #challenge ABC 2013 : Littératures de l'Imaginaire

Editions Folio, Science-Fiction
Publication : 1954 (VO), 1990 (VF) _ Réédition : 9 mai 2001
240 pages _ 6 €

 

4ème de couverture : « Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil…

Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.

Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire. »

 

Mon avis : Voici un livre que l’on m’avait offert et que j’avais oublié dans un coin de ma bibliothèque pour avoir vu le film. Film qui m’avait bien marqué d’ailleurs. Et puis, voilà que je remets la main dessus et en lisant le résumé, je me rends compte qu’il pourrait parfaitement convenir pour le challenge. Donc, je me suis jetée à corps perdu dans cette découverte, me rendant compte que le film n’a rien à voir avec le livre. D’ailleurs, le récit possède certaines qualités et certains défauts, que je pense on peut mettre sur le compte de l’âge. En attendant, c’était rudement bien pensée pour l’époque je trouve.

            Imaginer un homme du nom de Robert Neville, enfermé seul dans sa maison digne d’une petite forteresse, essayant de survivre chaque nuit à l’attaque des vampires qui attendent dehors. Créatures qui attendent une faiblesse de sa part pour pouvoir entrer et le vider de son sang. Le pire dans tout ça, c’est que dans le lot on peut retrouver son voisin Ben Cortman qui toutes les nuits l’appelle par son nom, le narguant. A cela s’ajoute la solitude et la certitude d’être le dernier humain encore en vie. Et la culpabilité. Celle de se débarrasser tous les matins des corps inanimés sur sa pelouse. En plus des souvenirs du passé qui le hantent et que même l’alcool ne peut se débarrasser. Alors pourquoi continuer à vivre ? Pourquoi ne pas se laisser aller à la mort qui l’appelle, là, dehors ? Toutes ses questions… Et d’où proviennent les vampires ? Simple légende ou terrible épidémie ? Quels sont leurs points faibles ? Pourquoi ne supportent-ils pas l’ail ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi…

            De quoi devenir fou et d’une certaine façon, c’est ce qu’il va arriver à ce cher Robert Neville à toujours se parler à lui-même.

 

« Il fit claquer le livre en le refermant.

Ils ne pouvaient donc pas le laisser en paix ? Qu’est-ce qu’ils croyaient, qu’ils pourraient tous l’avoir ? Pourquoi revenaient-ils chaque nuit ? Au bout de cinq mois, ils auraient dû comprendre et tenter leur chance ailleurs.

Il se dirigea vers le bar et se versa un autre verre. Comme il allait se rasseoir, il entendit des pierres rouler sur le toit et atterrir avec un bruit sourd parmi les arbustes derrière la maison. Couvrant le vacarme, Ben Cortman se mit à hurler selon son habitude :

« Sors de là, Neville ! »

Un jour je l’aurai, ce fumier, pensa-t-il en sifflant une gorgée de whisky pleine d’amertume. Je lui planterai un pieu en pleine poitrine… Un d’au moins trente centimètre, avec un beau ruban, fait spécialement à son intention. Fumier, va… »

 

            Puis, apparait les premiers défauts du récit. Quelques deux cent pages pour narrait un peu plus de trois ans de vie en solitaire. C’est peu à mon goût. D’ailleurs, une année est totalement passée sous silence où on l’imagine remonter la pente puisque l’on retrouve un Neville en pleine forme. Au début pourtant, il est un homme au bord de la folie. Seul avec des envies tout ce qu’il y a de plus humain, alcoolique et hanté par son passé. Le passage le plus long dans le récit puisqu’à un moment donné, il risque même d’y passé, faute d’attention. Mais cela a au moins le mérite d’apprendre au lecteur comment le monde est tombé dans le chaos. Même si on se demande encore pourquoi.

            Ensuite, il y a une deuxième partie où Neville se pose plein de questions et commence à chercher après des réponses. Pour cela, il va se renseigner et commencer à faire des recherches scientifiques. Apparaîtra les premières révélations. Jusqu’au passage du chien encore en vie qu’il essaye d’apprivoiser et qui finira par mourir lui aussi à cause du virus.

            Et tout fini en à peine une cinquantaine de pages avec l’apparition d’une femme où à travers elle, avant de périr, il découvrira être le dernier humain sur terre. Le seul être immunisé par le virus, les autres à moitié humain et vampire, ayant mutés. Ce que je ne comprends pas à ce moment-là c’est que personne ne pense à utiliser le sang de Neville pour en faire un vaccin alors qu’il est le seul que la maladie ne touche pas. Le plus gros défaut dans l’histoire. Car si « les bactéries peuvent muter », comme c’est écrit dans le livre et que le cachet qui permet à Ruth de continuer à vivre tout en ralentissant le virus, qui dit que ce dernier ne deviendra pas plus résistant dans les années à venir ?

            Et si ce deuxième extrait où j’ai mis en gras certaines phrases était la seule explication :

 

Extrait :

« Il s’affala contre la fenêtre et regarda au-dehors.

La rue était pleine de gens qui piétinaient dans l’aube grise. Le brouhaha de  leurs voix évoquait le bourdonnement d’un million d’insectes.

Neville laissa errer sur la foule ses regards luisants de fièvre, en serrant les barreaux de ses doigts livides.

Soudain, quelqu’un l’aperçut.

Un instant, la rumeur s’amplifia ; quelques cris de surprise fusèrent.

Puis le silence fut total, comme si une lourde couverture s’était abattue sur la foule. A la vue de cette multitude de visages blêmes tournés vers lui. Neville s’avisa tout à coup qu’à leurs yeux, c’était lui le monstre. C’est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés.

En reliant cette découverte au mélange de crainte, d’effroi et de respect qu’il lisait sur leurs visages, il comprit soudain que c’était eux qui avaient peur de lui. Il incarnait à leurs yeux le pire des fléaux qu’ils aient eu à affronter ; pire que la maladie avec laquelle ils avaient appris à vivre. »

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